Voisinages. Richard 3

Richard 3 par la compagnie Les Aphoristes - Photo Phil Journé
Fruit de deux ans de travail, "Richard 3", la dernière création de la compagnie nantaise Les Aphoristes, nous entraîne sur les traces d'un sombre personnage historique. Un Shakespeare revisité, à découvrir actuellement en région, dans le cadre de l’opération Voisinages !
"C’est un projet un peu fou, mais je me réjouis qu’il ait pu voir le jour, s’enthousiasme François Parmentier, metteur en scène et directeur artistique. En effet, cela devient compliqué aujourd’hui pour une troupe indépendante d’associer une vingtaine d’artistes sur scène, dont huit comédiens et deux musiciens. C’est une vraie prise de risque, que nous assumons et défendons."
Un personnage à la fois comique et abominable
Cette pièce met en scène la stratégie du pouvoir, la création d’une machine de guerre pour détruire l’équilibre et la paix. L’ambition de Richard III est de devenir roi d’Angleterre et pour arriver à ses fins, rien ne l’arrête : assassinats, mariages forcés… Une fois sur le trône, il règne par la terreur. Mais le comte de Richmond, Henry Tudor, convoite lui aussi la couronne. Une bataille se prépare. Elle mettra fin à la guerre des Deux-Roses et au règne de la famille Plantagenêt sur l’Angleterre.
"Je n’ai pas voulu monter une fresque historique. J’ai un peu gommé le contexte pour m’intéresser aux protagonistes qui font l’histoire et notamment Richard III. J’ai souhaité son personnage à la fois comique et abominable, qui ferait du spectateur son complice. Il se sert de la monstruosité des autres pour créer sa propre difformité. La clé de son pouvoir de séduction ? Tuer ses proches en leur disant "Je t’aime"."
Une conspiration permanente
Pour mettre en valeur le jeu des acteurs, la mise en scène est très sobre : "un silence visuel qui donne à voir une parole". Un tapis de pétales rouges et blancs recouvre la scène, symboles des Lancastre et des York. "J’ai fait le choix d’une esthétique agréable et extrêmement organisée, mais qui, au fur et à mesure des déplacements des acteurs, se modifie. Il fallait que le décor puisse évoluer tout seul, naturellement. L’espace se brouille au même rythme que les deux familles". La manipulation des marionnettes par Yannick Pasgrimaud accentue ce sentiment de pouvoir que Richard III exerce sur son entourage : "personnages en papier aussi fragiles que des pétales."
L’environnement musical tient également une place importante, avec une véritable scénographie sonore. Deux musiciens jouent en direct du violoncelle, de la guitare, mais aussi du banjo. Tous les acteurs sont sonorisés, pour saisir ce qu’on ne pourrait entendre, créant ainsi une espèce de conspiration permanente.

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